Les autorités guinéennes ont annoncé, dans la nuit du vendredi 6 au samedi 7 mars, la dissolution de quarante partis politiques. La décision a été officialisée par un décret du ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, invoquant un « manquement aux obligations légales » de ces formations.
Parmi les organisations concernées figurent plusieurs partis majeurs de la scène politique guinéenne, notamment l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), dirigée par Cellou Dalein Diallo, le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), formation de l’ancien président Alpha Condé, ainsi que l’Union des forces républicaines (UFR) de l’opposant Sidya Touré. Ces trois responsables politiques vivent actuellement à l’étranger.
Selon le texte officiel, cette mesure entraîne la perte immédiate de la personnalité juridique des partis dissous. Elle leur interdit toute activité politique, ainsi que l’utilisation de leurs sigles, logos, emblèmes ou tout autre symbole distinctif. Les locaux servant de sièges ou de représentations ont également été placés sous scellés.
Le décret précise en outre que les biens et ressources appartenant aux formations politiques concernées sont placés sous séquestre. Un curateur a été désigné pour superviser la gestion et le transfert de ces actifs, sans que les modalités précises de cette procédure ne soient détaillées à ce stade.
Cette décision intervient moins de deux mois après l’investiture du président Mamadi Doumbouya, élu fin décembre 2025 pour un mandat de sept ans lors d’un scrutin auquel plusieurs figures de l’opposition n’avaient pas participé.
Dans un communiqué publié le samedi 7 mars 2026, plusieurs organisations de la société civile ont exprimé leurs préoccupations face à cette mesure, appelant au respect du pluralisme politique et au maintien d’un dialogue ouvert entre les différents acteurs de la vie publique.

