La grève des magistrats, qui perdure depuis plusieurs semaines, continue de susciter des réactions. Ce mardi 4 mars, lors d’une déclaration à Libreville, le Barreau du Gabon a exprimé son mécontentement face à l’arrêt quasi total des activités judiciaires, dénonçant particulièrement l’absence de service minimum, ce qui, selon lui, contrevient aux règles en vigueur.
Le bâtonnier du Gabon, Me Raymond Obame Sima, a dressé un tableau préoccupant de la situation actuelle. Selon lui, la définition du service minimum par le Syndicat national des magistrats du Gabon (SYNAMAG) aboutit en réalité à une interruption complète des audiences, qu’elles soient publiques ou en chambre de conseil, y compris celles relevant de l’urgence. Il a également pointé du doigt la suspension du suivi des affaires en cours d’instruction, ainsi que l’impossibilité d’introduire des requêtes gracieuses.
« Il n’y a plus d’audiences, même en cas d’urgence. Aucun dossier en instruction ne peut avancer, les requêtes gracieuses sont bloquées, et les casiers judiciaires indispensables pour des examens ou concours ne sont plus délivrés », a-t-il déploré. Plus inquiétant encore, il a souligné que « les justiciables peuvent être placés sous mandat de dépôt sans qu’aucune date d’audience ne leur soit fixée », mettant en cause une atteinte aux droits des citoyens.
Des efforts du gouvernement, mais une grève qui perdure
Cette prise de parole intervient au lendemain d’une assemblée générale extraordinaire des magistrats, organisée en réponse à une sollicitation du ministre de la Justice. Ce dernier avait demandé la levée, ou du moins la suspension, de la grève, estimant que des avancées avaient été réalisées sur certaines revendications.
Le mouvement social dans le secteur judiciaire s’est intensifié depuis le début de l’année. Le 9 janvier 2025, les greffiers ont lancé une grève nationale, suivis le 14 janvier dernier par les magistrats, qui réclament, entre autres, l’application effective du statut qui leur est dédié et une amélioration de leurs conditions de travail.
Face à cette impasse, le Barreau appelle à une reprise des activités judiciaires dans le respect des textes en vigueur, estimant que la paralysie actuelle porte préjudice aux justiciables et à l’État de droit.

