Malgré la mise en place, depuis plusieurs mois, d’un programme structuré de ramassage des ordures par l’entreprise Clean Africa, l’insalubrité continue de gangrener certains quartiers de Libreville. En cause : le comportement incivique de nombreux citoyens qui persistent à jeter leurs déchets en dehors des jours et des heures de collecte pourtant clairement établis.
Dans plusieurs zones de la capitale, notamment dans les 1ᵉʳ, 4ᵉ, 5ᵉ et 6e arrondissements, les consignes sont pourtant connues. Les camions de collecte passent à des horaires précis, signalés par le klaxon, invitant les ménages à sortir leurs ordures uniquement à ce moment-là. Mais, sur le terrain, la réalité est tout autre. Des tas d’immondices sont abandonnés à toute heure sur les trottoirs, aux abords des routes ou dans les caniveaux, parfois plusieurs jours avant le passage des camions.
Cette pratique, loin d’être anodine, aggrave la dégradation du cadre de vie urbain. Exposés aux animaux errants, à la pluie et au vent, les déchets se dispersent, obstruent les caniveaux et transforment certains quartiers en véritables foyers d’insalubrité. Une situation qui annule en grande partie les efforts déployés par Clean Africa et complique le travail des agents chargés de la collecte.
Face à ce constat, l’entreprise en charge de la gestion des déchets ménagers rappelle avec insistance l’importance du respect des consignes. L’objectif est clair : mettre fin aux dépôts anarchiques et instaurer une discipline collective autour de la gestion des ordures. En demandant aux populations de remettre leurs déchets directement aux équipes de collecte, Clean Africa entend améliorer l’efficacité du service et limiter les nuisances sanitaires et environnementales.
Car les conséquences de l’incivisme sont lourdes. L’accumulation des déchets favorise la prolifération de moustiques et de rongeurs, augmentant les risques de maladies telles que le paludisme, le choléra ou diverses infections. Sur le plan environnemental, les ordures jetées hors des circuits de collecte finissent souvent dans les sols ou les cours d’eau, contribuant à la pollution et à la dégradation des écosystèmes urbains.
Au-delà des moyens logistiques, la réussite de cette politique de salubrité repose avant tout sur la responsabilité individuelle. La propreté de Libreville ne peut être garantie uniquement par des camions et des agents, aussi engagés soient-ils. Elle dépend surtout du civisme des habitants, appelés à adopter des gestes simples : bien conditionner leurs déchets et attendre le passage effectif des camions avant de les sortir.
Les autorités et Clean Africa en appellent ainsi à une prise de conscience collective. Respecter les règles de collecte, c’est à la fois préserver sa santé et celle des autres, mais surtout contribuer à bâtir une capitale plus propre, plus saine et plus digne. Sans un changement de comportement des populations, la lutte contre l’insalubrité restera un combat à moitié gagné.

