Dans la nuit du 26 au 27 janvier 2026, une pluie torrentielle s’est abattue sur Libreville, provoquant d’importantes inondations dans plusieurs quartiers de la capitale gabonaise. Les eaux ont envahi des habitations et des axes routiers majeurs, perturbant fortement la circulation et le quotidien des habitants.
Les fortes précipitations, tombées sans interruption pendant plusieurs heures, ont rapidement saturé les caniveaux et les cours d’eau de la ville. « À la fin du goudron de Nzeng-Ayong, nous, piétons, n’arrivons plus à circuler pour nous rendre sur nos lieux de travail, car les eaux ont complètement inondé le chemin menant à la voie principale », témoigne Christopher, habitant du 6ᵉ arrondissement. Dans plusieurs zones, le niveau de l’eau est monté jusqu’aux portes des maisons, contraignant certaines familles à se réfugier chez des proches ou à passer la nuit les pieds dans l’eau, dans des conditions particulièrement difficiles.
Au petit matin, de nombreuses routes se sont révélées impraticables, ralentissant considérablement les déplacements et compliquant l’accès à certains quartiers de la capitale. « Le marché Banane du B2 est totalement inondé, on n’arrive pas à circuler. Cette situation provoque de gros embouteillages », explique Amadou, riverain. Des dégâts matériels ont également été signalés, touchant des habitations, des commerces et plusieurs véhicules endommagés, voire emportés par la montée des eaux.
Nzeng-Ayong, épicentre d’une détresse humaine
Dans le 6ᵉ arrondissement, notamment à Nzeng-Ayong, la situation a été particulièrement critique. À la fin du goudron, les voies menant à la route principale ont été totalement submergées, rendant toute circulation piétonne impossible. « Nous n’arrivons plus à sortir pour aller travailler, le chemin est complètement inondé », témoigne Christopher, habitant du quartier. Selon plusieurs riverains, les eaux ont commencé à monter aux environs de 4 heures du matin, surprenant les familles dans leur sommeil. Dans certaines zones basses, le niveau de l’eau a atteint les portes, voire les toitures de certaines habitations, contraignant des habitants à se réfugier sur les hauteurs ou sur leurs toits, dans la peur et l’impuissance. Le marché Banane du B2 a également été entièrement envahi par les eaux, paralysant l’activité commerciale et aggravant les embouteillages dans ce secteur déjà très fréquenté.
Pour de nombreux sinistrés, cette situation s’explique aussi par la précarité du logement. Les loyers plus accessibles dans ces quartiers exposés poussent des familles modestes à s’y installer, malgré les risques connus d’inondation. « On savait que la zone était inondable, mais jamais à ce niveau », confie un habitant, évoquant des épisodes passés bien moins destructeurs.
Au-delà de l’urgence, ces inondations remettent en lumière les problèmes structurels d’assainissement et de drainage des eaux pluviales à Libreville. L’obstruction des caniveaux par les déchets, l’insuffisance des ouvrages de drainage et l’urbanisation parfois anarchique aggravent l’impact de ces épisodes pluvieux, pourtant récurrents en saison des pluies.
Face à cette situation, de nombreux riverains appellent à des solutions durables, allant au-delà des interventions ponctuelles. Ils plaident notamment pour un curage régulier des caniveaux, la réhabilitation des réseaux d’assainissement existants et une meilleure planification urbaine. Pour les autorités, le défi consiste désormais à conjuguer actions d’urgence et réponses structurelles afin de limiter, à l’avenir, les conséquences de ces intempéries sur les populations.
Alors que le changement climatique accentue la fréquence et l’intensité des pluies, la question de la gestion des eaux pluviales à Libreville apparaît plus que jamais comme un enjeu majeur de sécurité, de santé publique et de résilience urbaine.

