Face à une insécurité persistante qui nourrit inquiétudes et exaspération au sein de la population, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a livré un discours d’une rare fermeté à l’endroit des forces de Défense et de Sécurité, ce mercredi 07 janvier 2026. Un message sans détours, à la tonalité volontariste, qui sonne comme un rappel à l’ordre, mais aussi comme une mise en demeure.
S’adressant directement aux membres du gouvernement en charge de la Défense et de la Sécurité, Brice Clotaire Oligui Nguema a posé un diagnostic sans ménagement. « L’insécurité demeure un défi majeur. Elle exige une réponse ferme, cohérente et efficace ». Poule chef de l’État, les forces de sécurité doivent incarner bien plus qu’une administration, elles doivent être « le rempart de la population et la garantie de la tranquillité de chaque citoyen ».
Un discours de rupture avec la passivité
Le ton monte lorsque Brice Clotaire Oligui Nguema interpelle frontalement les forces de l’ordre, dans une série de questions rhétoriques lourdes de sens. « Ceux qui nuisent à la sécurité de nos concitoyens sont-ils plus forts que vous ? Sont-ils plus intelligents que vous ? Où avez-vous peur d’eux ? », a-t-il déclaré. Par ces mots, le président dénonce implicitement toute forme de résignation, de laxisme ou d’inefficacité. Il tranche, « Désormais, plus aucune excuse ne saurait justifier la persistance de l’insécurité. ». Une phrase répétée à plusieurs reprises, comme pour graver dans les esprits la fin annoncée de la tolérance institutionnelle face à l’inaction.
L’axe central du discours repose sur une vision claire du rôle des forces de sécurité : la proximité. « Le policier n’a pas vocation à être confiné derrière un bureau. Sa place est dans nos rues, au cœur de la vie quotidienne », martèle le chef de l’État. Cette déclaration résonne comme une critique directe d’une administration sécuritaire jugée trop statique, éloignée des réalités quotidiennes des citoyens. Pour Oligui Nguema, la mission est sans ambiguïté : « protéger les innocents, dissuader les criminels et faire reculer la peur ».
Des moyens offerts , donc des responsabilités
Pour renforcer la crédibilité de son exigence, Brice Clotaire Oligui Nguema rappelle que l’État a consenti des efforts considérables. Il cite notamment le bétonnage des ruelles et voies secondaires, destiné à faciliter les patrouilles dans les quartiers reculés, ainsi que l’acquisition de nouveaux moyens opérationnels.
Surtout, le président met en avant le recrutement massif de « plus de 10 775 agents toutes composantes confondues ». Un chiffre qui se veut la preuve que les forces de sécurité disposent désormais des ressources humaines nécessaires pour agir efficacement. Le message est clair : les moyens étant mis à disposition, l’inaction ne sera plus tolérée.
« Que la peur change de camp »
Dans une formule forte, appelée à marquer les esprits, le chef de l’État instruit les commandants en chef de mener « une lutte sans merci, afin que la peur change de camp ». Une rhétorique martiale assumée, qui vise à dissuader les criminels et à rassurer une population en quête de sécurité.
Les délinquants, criminels et auteurs de crimes de sang sont, eux aussi, avertis : « la Vème République ne reculera pas ». Au-delà de la fermeté, Oligui Nguema inscrit son discours dans une vision républicaine où la sécurité est érigée en droit fondamental, « la sécurité n’est pas un privilège réservé à quelques-uns ; elle est un droit sacré pour tous. »
Ce discours dépasse le simple cadre sécuritaire. Il engage la responsabilité directe des forces de l’ordre et, en filigrane, celle de la hiérarchie administrative et militaire. En appelant gendarmes et policiers à « prendre leurs responsabilités », le chef suprême des Armées, place la sécurité au rang des priorités absolues de son action.
À l’heure où la population réclame des actes concrets plus que des promesses, cette prise de parole marque une volonté politique affirmée : restaurer l’autorité de l’État, rétablir la confiance citoyenne et faire de la sécurité un pilier tangible de la Vème République. Reste désormais à traduire cette parole forte en résultats visibles sur le terrain, là où se joue, chaque jour, la crédibilité de l’État.

