« L’avenir de notre pays se construira avec les femmes ou ne se construira pas du tout. » Cette phrase, lancée par Sidonie Ouwé, résonne comme une mise en garde aux candidats à l’élection présidentielle. Réunies sous la bannière du Mouvement des Femmes engagées de la société civile, le vendredi 28 mars 2025, ces gabonaises ont pris la parole pour poser leurs conditions.
Plus question de jouer les figurantes dans le débat politique. Elles exigent désormais une place au cœur des décisions. Dans un pays où les inégalités persistent malgré les lois, où les violences faites aux femmes restent un fléau, où l’accession aux postes de pouvoir demeure un parcours semé d’embûches, la prise de parole de ces militantes sonne comme un rappel à l’ordre.
Leur message est sans ambiguïté : les candidats devront prendre des engagements fermes sur sept axes prioritaires, allant de l’égalité des sexes à la protection contre les violences, en passant par l’entrepreneuriat féminin et la conciliation entre vie familiale et professionnelle.
Une parité qui ne doit plus être un slogan
La question de la représentation politique est l’un des chevaux de bataille des femmes engagées. Actuellement, malgré la loi de 2016 fixant un quota pour les femmes aux élections, les avancées restent timides. Elles réclament désormais une véritable loi sur la parité, en accord avec la nouvelle Constitution de 2024. « Nous voulons voir plus de femmes dans les instances de décision, et non plus seulement sur les affiches de campagne ! » martèle Sidonie Ouwé.
L’autre sujet brûlant de cette conférence de presse a été la lutte contre les violences faites aux femmes. Les chiffres sont glaçants, les témoignages bouleversants, mais les actions tardent à suivre.
Les militantes dénoncent l’inaction des institutions et exigent que la loi n°006/2021 sur l’élimination des violences à l’égard des femmes soit réellement appliquée. Centres d’accueil, formations des forces de l’ordre, campagnes de sensibilisation : elles réclament des mesures concrètes et immédiates.
L’émancipation économique, clé de l’indépendance féminine
L’autonomisation passe aussi par l’indépendance financière. Accès aux financements, soutien à l’entrepreneuriat, promotion de l’économie féminine… Les femmes veulent cesser d’être reléguées au second plan dans le monde du travail et des affaires. À cela s’ajoute un point essentiel : l’accès à la formation. Car comment prétendre à l’indépendance si les outils de l’émancipation ne sont pas accessibles ?
Une alerte pour les candidats : l’heure des promesses est révolue
À travers cette déclaration, les femmes gabonaises envoient un message clair : elles ne se contenteront plus de belles paroles. Les candidats qui espèrent leur voix devront se montrer à la hauteur. L’égalité des sexes ne doit plus être un chapitre optionnel des programmes électoraux, mais une priorité nationale.
Leur avertissement est limpide : cette élection ne peut pas se faire sans elles. Et si les promesses ne se traduisent pas en actes, elles sauront s’en souvenir.

