Les chefs d’État de l’Union africaine (UA) ont adopté un cadre d’action historique pour freiner l’explosion des maladies non transmissibles, des troubles mentaux et des accidents de la route sur l’ensemble du continent. Cette offensive multisectorielle vise à réduire les décès prématurés qui frappent désormais 70 % de la population africaine en mobilisant tous les leviers politiques et financiers des gouvernements.
Adoptée lors de la session de février 2026 et rendue publique ce 28 mars dans la revue The Lancet, cette « position commune » marque un tournant historique. Sous l’impulsion de l’Africa CDC, les chefs d’État africains ne se contentent plus de gérer les urgences infectieuses. Ils s’attaquent désormais aux racines des maux qui dévastent les familles : les maladies cardiovasculaires, le diabète et les cancers, responsables à eux seuls de plus de 70 % des décès prématurés en Afrique.
Le problème sanitaire ne s’arrête pas aux pathologies organiques. Le cadre endossé par l’UA met en lumière deux réalités souvent oubliées:
- L’insécurité routière : avec un taux de mortalité de 26,6 pour 100 000 habitants, les accidents de la route sont en hausse constante, brisant des trajectoires de vie en plein essor.
- La santé mentale : touchant environ 14 % de la population, les troubles psychiques sortent enfin de l’ombre pour devenir une priorité politique majeure.
L’innovation majeure de ce dispositif réside dans son approche « multisectorielle ». L’Afrique a compris que la santé ne se joue pas uniquement dans les hôpitaux. Pour freiner ces fléaux, il faut mobiliser les ministères des Finances, de l’Éducation, de l’Agriculture et du Commerce. L’objectif est de transformer les systèmes de santé en profondeur grâce à la transformation numérique et à des financements durables.
En plaçant l’humain au cœur de sa souveraineté sanitaire, l’Union africaine fait le choix de protéger son capital le plus précieux : la vie ses citoyens. Car derrière chaque chiffre, il y a une urgence sociale que le continent a décidé de ne plus ignorer.

