À Douala, les 26 et 27 février 2026, la quatrième édition de Stand Up For African Women Entrepreneurs (Sufawe) ne se limite pas à un enchaînement de panels et de discours. Porté par le Club Afrique Développement du groupe Attijariwafa bank, en partenariat avec la Société Commerciale de Banque Cameroun, le programme s’inscrit dans une logique de performance mesurable.
Les chiffres constituent son principal argument. En quinze ans, le Club Afrique Développement revendique plus de 24 000 entreprises membres issues de 42 pays africains. À travers ses missions multisectorielles, le réseau a généré 32 000 rendez-vous d’affaires. Autrement dit, l’outil central n’est pas la communication, mais la connexion structurée entre offre et demande.
200 rencontres en 48 heures : que valent-elles ?
L’édition 2026 annonce plus de 200 rencontres B2B et B2G en deux jours. Rapporté au temps disponible, cela représente une moyenne de plus de 100 mises en relation quotidiennes. L’enjeu n’est pas quantitatif mais qualitatif : transformer ces échanges en contrats, partenariats ou accès au financement et développer son réseautage.
Dans un contexte CEMAC où l’accès au crédit demeure contraint pour les PME, et encore plus pour les entreprises dirigées par des femmes, la mise en réseau devient un levier indirect de solvabilité. Une entreprise connectée à un grand donneur d’ordre ou à une institution publique améliore mécaniquement son profil de risque.
15 pays, un modèle bancaire intégré
Le groupe Attijariwafa bank, présent dans 15 pays africains, mise sur son modèle de banque universelle pour articuler financement, conseil et intermédiation. Au Cameroun, sa filiale SCB Cameroun intervient depuis plus de 15 ans auprès des grandes entreprises, des PME et des porteurs de projets.
Ce maillage régional permet de dépasser la logique strictement nationale. Une entrepreneure camerounaise intégrée dans un réseau opérant dans 15 juridictions africaines voit mécaniquement son horizon commercial s’élargir. L’intégration économique cesse d’être un slogan pour devenir un canal d’opportunités concrètes.
24 000 entreprises : un effet d’échelle stratégique
Un réseau de 24 000 entreprises ne constitue pas seulement une base de contacts. Il crée un effet d’échelle :
– Mutualisation d’informations sectorielles ;
– Accès facilité aux partenaires techniques et financiers ;
– Capacité d’influence accrue dans les chaînes de valeur régionales.
Pour les femmes entrepreneures, souvent concentrées dans des segments informels ou sous-capitalisés, l’enjeu est précisément de franchir le seuil de formalisation et d’internationalisation.
Le signal du trophée
En 2025, le Trophée Sufawe Cameroun avait récompensé Naomi Mbakam, fondatrice de Leelou Baby Food, positionnée sur l’alimentation infantile 100 % naturelle. Ce choix n’était pas anodin : substitution aux importations, création de valeur locale, montée en gamme.
La distinction illustre la trajectoire recherchée : passer d’un projet entrepreneurial à un acteur capable d’influencer une chaîne d’approvisionnement dominée par l’extérieur.
Inclusion économique ou stratégie de compétitivité ?
Sufawe 2026 pose en réalité une question plus large : l’entrepreneuriat féminin doit-il être abordé sous l’angle social ou sous l’angle macroéconomique ?
En mobilisant 200 rendez-vous d’affaires en 48 heures, en s’appuyant sur un réseau continental de 24 000 entreprises et sur une présence bancaire dans 15 pays, l’initiative opte clairement pour la seconde approche. L’objectif n’est pas seulement d’inclure, mais d’intégrer durablement les entreprises dirigées par des femmes dans les flux commerciaux régionaux.
À Douala, l’équation est donc simple : transformer le capital relationnel en capital économique. Les chiffres sont posés. Reste à mesurer, dans les mois à venir, leur traduction en contrats signés, en financements mobilisés et en croissance réelle pour les entreprises concernées.

