L’amphithéâtre Alexandre Sembat de la chaîne en continu Gabon 24 a servi de cadre, le jeudi 19 mars 2026, à une rencontre d’envergure réunissant membres du gouvernement, missions diplomatiques et représentants d’organisations internationales. Au cœur des échanges : la suspension des réseaux sociaux décidée par la Haute Autorité de la communication (HAC), une mesure qui suscite interrogations et attentes, tant au niveau national qu’international.
Conviés à cette rencontre, les ministres des Affaires étrangères, de l’Économie numérique et de la Santé ont tenu à accompagner le ministre de la Communication lors de cet échange placé sous le signe de l’écoute et de la transparence. Dès l’ouverture, ce dernier a tenu à rassurer les partenaires internationaux sur le cadre d’application et l’encadrement de cette mesure.
« Cette mesure de suspension temporaire ne concerne nullement l’ensemble des réseaux sociaux. Internet continue de fonctionner normalement », a indiqué Germain Biahodjow, ministre de la Communication et des Médias, avant de renchérir : « Le gouvernement tient à réaffirmer son profond attachement au respect des libertés fondamentales, notamment en ce qui concerne la liberté d’expression consacrée par la Constitution de la République gabonaise. »
Dans le même sillage, les membres du gouvernement ont rappelé les dérives observées ayant motivé la Haute Autorité de la communication à cette prise de mesure temporaire. « Lorsqu’on examine le rapport des risques globaux, le premier risque mentionné est celui des confrontations géopolitiques entre les pays. Le deuxième risque est lié à la désinformation », a souligné Mark Alexandre Doumba, ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation.
Pour le professeur Elsa Nkana Joséphine Ayo, ministre de la Santé, le développement anarchique des réseaux sociaux pose problème, notamment chez les jeunes. « Ce n’est pas propre au Gabon, mais les répercussions se ressentent de plus en plus dans nos régions, et je pense également dans les vôtres. Il est important, à un moment donné, de réguler cette situation », a-t-elle ajouté.
De son côté, le corps diplomatique a réaffirmé son engagement à accompagner le pays. « Sachez que nous sommes disposés à vous accompagner à travers nos échanges et nos contacts permanents et réguliers afin d’avancer ensemble et de prendre des mesures susceptibles d’améliorer le bon fonctionnement des moyens de communication », a rassuré Abdellah Sbihi, ambassadeur du Maroc au Gabon.
Dans une perspective de levée de la mesure, le gouvernement soutient l’initiative citoyenne visant à organiser un forum national consacré à la problématique de la régulation des réseaux sociaux. Reste désormais à traduire ces engagements en mesures concrètes : entre impératif de régulation et préservation des libertés, le Gabon est attendu sur sa capacité à instaurer un cadre équilibré, crédible et durable pour l’usage des réseaux sociaux.

