La récente Loi n° 027/2023 du 11 juillet 2023 sur la cybersécurité et la lutte contre la cybercriminalité au Gabon introduit des sanctions lourdes contre les activités illicites en ligne, notamment la mise à disposition de produits ou substances interdites. Parmi les substances visées, le mercure, largement utilisé dans certains savons et crèmes éclaircissantes, est au cœur des préoccupations. Les contrevenants encourent jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et une amende maximale de 10 millions de francs CFA.
Ces produits à base de mercure, prisés pour leurs effets d’éclaircissement de la peau, sont pourtant dangereux pour la santé. Utilisés dans des pratiques couramment appelées « le Kwandza », ils exposent les utilisateurs à des risques graves, allant de problèmes dermatologiques à des atteintes aux reins et au système nerveux. Malgré ces dangers, la demande reste forte, portée par des normes esthétiques préoccupantes et un marché parallèle difficile à réguler.
Une loi pour contrer un marché illégal en pleine expansion
Ainsi, selon l’article 69 de la loi N° 027/2023 du 11 juillet 2023 sur la cybersécurité et la lutte contre la cybercriminalité « Quiconque propose ou met à disposition par voie électronique tout produit ou substance illicite, est puni d’un emprisonnement de cinq ans et d’une amende de 10 000 000 de francs au plus ou de l’une de ces deux peines ». La loi vise à réguler non seulement les circuits de distribution physiques, mais aussi les plateformes électroniques où ces produits sont souvent proposés.
Avec la numérisation croissante des échanges commerciaux, les réseaux sociaux et les sites e-commerce deviennent des canaux privilégiés pour la vente de ces substances illicites. Cette réglementation marque un tournant dans la lutte contre ce fléau, en responsabilisant à la fois les vendeurs et les plateformes hébergeant ces annonces.
Les consommateurs, souvent peu informés des compositions des produits qu’ils achètent, se trouvent aussi au cœur de cette problématique. Une sensibilisation accrue est nécessaire pour leur faire comprendre les risques liés à l’utilisation de produits contenant du mercure. Les efforts doivent également s’étendre aux autorités de contrôle, notamment l’Agence gabonaise de normalisation (AGANOR), pour renforcer les inspections et certifier la conformité des produits disponibles sur le marché.
Cette législation met en exergue l’importance de lutter contre les dangers des produits illicites. Toutefois, elle pose également la question de la responsabilité des consommateurs : savent-ils vraiment ce qu’ils utilisent ? Les autorités, pour leur part, sont-elles prêtes à intensifier leurs actions afin de réguler efficacement le marché et éduquer le public sur les risques encourus ? Nous y reviendrons.

