Face aux fragilités structurelles qui freinent le développement des industries culturelles et créatives, le ministre de la Jeunesse, des Sports, du Rayonnement culturel et des Arts, Paul Ulrich Kessany, a profité de son passage sur la chaîne d’information en continu Gabon 24 pour décliner les orientations stratégiques de son département. À travers une dynamique de restructuration et de formalisation du secteur, le gouvernement entend poser les bases d’un écosystème culturel mieux organisé, capable de contribuer pleinement à la croissance économique et au rayonnement du Gabon.
Défaut de formalisation, manque d’organisation, difficultés d’accès aux financements, faible structuration des industries culturelles et créatives. Les défis sont nombreux pour les artistes et acteurs culturels gabonais, d’autant plus que l’essor des outils numériques impose de nouvelles exigences en matière de professionnalisation.
Selon le membre du gouvernement, ces lacunes empêchent encore la culture de jouer pleinement son rôle de levier économique. « Il y a un travail au niveau du ministère qui recense et qui va donner une cartographie des acteurs, des artistes et acteurs culturels au Gabon pour leur permettre de bénéficier d’un certain nombre d’avantages », a-t-il indiqué. Au cœur de la stratégie ministérielle, l’identification et la cartographie des acteurs culturels sur l’ensemble du territoire national. Un vaste programme de recensement a ainsi été lancé via les directions provinciales et les mairies.
Pour le ministre, l’enjeu est clair : impossible d’élaborer une politique publique efficace sans connaître précisément les acteurs concernés. « La grosse difficulté que nous avons aujourd’hui, c’est que nous n’avons pas beaucoup d’artistes reconnus qui viennent se faire recenser au ministère. Si on ne les identifie pas, on ne peut pas savoir quel type d’acteurs culturels nous avons dans chaque région ».
Au-delà du recensement, le ministère mise sur la montée en compétences. Un programme de formation dédié à l’entrepreneuriat culturel et à la maîtrise des outils numériques a été lancé. « Nous avons lancé un vaste programme de formation pour permettre à ces acteurs culturels de s’approprier les techniques de gestion, d’entrepreneuriat culturel et les outils numériques, qui sont aujourd’hui indéniables pour valoriser leurs œuvres et affronter le monde de demain », explique Paul Ulrich Kessany, ministre de la Jeunesse, des Sports, du Rayonnement culturel et des Arts.
L’objectif affiché est de professionnaliser le secteur et de l’inscrire dans une dynamique économique durable. Pour Paul Ulrich Kessany, la culture peut devenir un véritable moteur de croissance, à condition d’être mieux organisée, structurée et financée. L’ambition est de faire des industries culturelles un pilier du rayonnement national et un vecteur d’emplois, notamment pour les jeunes. Se positionnant comme un acteur de terrain devenu décideur public, le ministre affirme vouloir renforcer les politiques en faveur de la jeunesse, structurer durablement le sport national et promouvoir le rayonnement artistique gabonais.

