S’inscrivant dans la préparation de l’élection présidentielle, fixée au samedi 12 avril 2025 et répondant aux dispositions de l’article 32, de la loi n°001/2025, du 19 janvier 2025, portant Code électoral en République gabonaise, le ministre de l’Intérieur, Hermann Immongault, a tenu un point de presse le mercredi 5 février 2025, pour annoncer le lancement d’un appel à candidature, en vue de la mise en place de l’Autorité de contrôle des élections et du référendum (ACER). Une annonce qui est intervenue à jour J-1 de l’ouverture du processus de sélection, prévu démarrer le jeudi 6 février.
Les organismes chargés de l’organisation des élections au Gabon, ainsi que de leur contrôle, ont souvent été ébranlés par des soupçons de fraudes et d’irrégularités. En partant de la Commission électorale nationale permanente (CENAP) d’antan, jusqu’au plus récent Centre gabonais des élections (CGE), l’impartialité de ces différents organes était remise en cause à chaque élection, notamment la présidentielle, entraînant ainsi de fortes contestations après la publication des résultats.
Face à cela, le gouvernement, par le biais du nouveau Code électoral, a voulu rendre plus transparent le processus. Une initiative concrétisée par la création de l’ACER en son article 30. Selon ses dispositions, il comprend neuf (09) membres nommés par décret, choisis après « appel à candidature, parmi les personnalités de nationalité gabonaise connues pour leur intégrité, leur probité morale, leur compétence, leur neutralité et leur impartialité. ».
La mise en place de l’ACER a été saluée par bon nombre d’acteurs politiques, qui voit en cette entité du renouveau et qui ont également salué l’appel à candidature lancé par le ministre de l’Intérieur. « Il a agi conformément à la loi qui a été votée par plus de 99% de parlementaires. Croyons seulement à l’exercice de la transparence dans les bureaux de vote », a déclaré Jean Remy Yama, sénateur de la transition.
Pour d’autres , la réussite de cet organe dépend de plusieurs facteurs. « Le but de l’ACER est de garantir la transparence électorale. La transparence dépend des acteurs pas des organes que l’on met en place », a déclaré Guy Stephane Padzys, un universitaire.
Contrairement au CGE, l’ACER n’est pas un organe permanent. Selon les dispositions de l’article 30, « elle est mise en place au moins un (1) mois avant le déroulement du scrutin et prend fin trois (3) mois après celui-ci ».Alors que le Centre Gabonais des Élections avait pour prérogatives d’organiser et d’administrer les élections, l’ACER quant à elle, se chargera uniquement du contrôle des opérations, en veillant sur la « bonne organisation du matérielle et en proposant des correctifs nécessaires à tout dysfonctionnement constaté ».

