Invité de l’émission « 1 Candidat, 1 Projet » sur Gabon 24 le vendredi 4 avril, Alain-Claude Bilie-By-Nze, candidat à l’élection présidentielle du 12 avril 2025, a présenté les axes principaux de son programme. L’ancien Premier ministre a particulièrement insisté sur un plan d’action articulé autour de 12 mesures d’urgence, qu’il s’engage à mettre en œuvre durant les 100 premiers jours d’un éventuel mandat. Son intervention a suscité diverses réactions dans l’opinion publique.
Sur le plan économique, Bilie-By-Nze a annoncé une réforme budgétaire rigoureuse et une restructuration de la dette publique gabonaise, à mener en concertation avec les partenaires financiers internationaux. Pointant ce qu’il considère comme des failles dans le système actuel, il a également évoqué le projet d’une ordonnance nommée « Virage libéral ». Celle-ci viserait à dynamiser l’investissement privé, favoriser la création d’emplois et encourager la relocalisation de certaines activités industrielles jugées stratégiques.
Au niveau institutionnel, le candidat propose une refonte d’envergure : le retour au mandat présidentiel à 5 ans, la suppression du Sénat et du Conseil économique, social et environnemental (CESE), ainsi que la limitation du nombre de députés à 150, en intégrant une représentation pour la diaspora. Pour faire face aux contentieux du passé, il suggère la mise en place d’une commission « vérité, justice, réparation et réconciliation ». En matière de sécurité, il envisage la création d’un parquet spécialisé et d’un office interministériel dédié à la lutte contre les stupéfiants.
Les propositions sociales ont également été détaillées. Le candidat a promis l’instauration d’un « minimum jeunesse », présenté comme une allocation pour les jeunes diplômés sans emploi, ainsi qu’un appui renforcé à l’autonomisation des femmes. Il a affirmé vouloir s’attaquer aux problèmes récurrents d’accès à l’eau et à l’électricité, proposant un partenariat public-privé pour réformer la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) et une mission spéciale chargée d’assurer la stabilité du réseau énergétique.
L’accent mis sur les 100 premiers jours a toutefois soulevé des interrogations dans le débat public quant à la faisabilité d’engager des transformations profondes dans un délai aussi court. Si Alain-Claude Bilie-By-Nze explique vouloir ainsi « donner le ton » dès le début de son mandat, certains observateurs politiques appellent à considérer la vision globale pour l’ensemble du quinquennat proposé.
Quoi qu’il en soit, cette prestation a marqué la campagne, et les électeurs attendent désormais la présentation plus détaillée de la stratégie qui accompagnera ces mesures d’urgence annoncées.

