À mesure que les coupures d’électricité deviennent de plus en plus récurrentes dans plusieurs villes gabonaises, l’usage des groupes électrogènes, particulièrement dans les quartiers où l’accès au réseau reste irrégulier, connaît une croissance notable. Mais ce recours généralisé à l’énergie autonome pose plusieurs questions, à la fois environnementales, économiques et sanitaires.
Pour de nombreux ménages et entreprises, le groupe électrogène apparaît comme une solution pratique face aux coupures fréquentes. Les commerçants, petits bureaux et artisans n’ont souvent pas le choix s’ils veulent maintenir leur activité. Mais cette solution, bien que présentée comme ponctuelle, a un coût : carburant, entretien et bruit constant.
« Sans mon groupe électrogène, mon activité s’arrête dès la première coupure », confie Sandra Engo, propriétaire d’un salon de coiffure. « Le carburant est cher, mais je n’ai pas le choix. Le salon doit continuer à tourner afin que je puisse arrondir les fins de mois », ajoute-t-elle.
Or, l’usage intensif des groupes électrogènes entraîne une pollution sonore et atmosphérique. « Les émissions de particules fines et de dioxyde de carbone dégradent la qualité de l’air et augmentent les risques de maladies respiratoires, tandis que le bruit perturbe la vie quotidienne, surtout dans les quartiers densément peuplés », explique le Dr Serge Odilon Mbadinga, pneumologue.
Parallèlement, cette dépendance aux générateurs représente un fardeau financier pour les ménages et les petites entreprises. Elle creuse également les inégalités, car seules les familles disposant de moyens suffisants peuvent maintenir une alimentation électrique stable.
Les experts appellent à renforcer le réseau électrique national et à développer des solutions propres et durables : panneaux solaires, mini-centrales hydroélectriques ou systèmes hybrides. Ces alternatives permettraient de réduire progressivement le recours aux groupes électrogènes, tout en préservant la santé et l’environnement.
Face aux coupures récurrentes, l’accroissement des groupes électrogènes est donc plus qu’un simple réflexe pratique : il illustre les limites du système électrique et l’urgence d’investir dans des solutions fiables et durables.

