Instituée en 1998 pour honorer l’entrée de la première femme au gouvernement, la Journée nationale de la femme gabonaise célèbre cette année sa 28e édition. Plus qu’une simple commémoration, ce 17 avril 2026 marque un tournant où la diplomatie continentale et les réformes juridiques historiques se rencontrent pour dessiner un nouvel avenir : celui de l’égalité réelle.
Cette édition 2026 montre une dimension internationale avec la présence de l’Organisation des premières dames d’Afrique pour le développement (OPDAD). C’est dans ce cadre prestigieux que la Première dame, Zita Oligui Nguema, lance officiellement la campagne « Résilience 241 : santé et dignité ».
Inspirée d’une initiative continentale, cette campagne vise à protéger les femmes et les jeunes filles face aux crises économiques, sanitaires et environnementales. L’objectif est clair : renforcer l’autonomisation et garantir un accès digne aux soins pour celles qui sont les plus exposées aux vulnérabilités de notre époque.
Le thème de cette année, « L’autonomisation des femmes : un challenge de gouvernance publique à l’aune de la Ve République », pose une question claire : quelle est la place réelle des femmes dans nos institutions ? Si les femmes sont majoritaires dans la population, elles restent sous-représentées dans les sphères de décision.
Cependant, le chemin parcouru depuis 1960 est immense. Le Gabon a su moderniser son arsenal juridique pour briser les tabous . Les réformes majeures de 2021 ont ainsi enterré la notion d’ »époux chef de famille » au profit d’une autorité parentale conjointe, tout en fixant l’âge légal du mariage à 18 ans pour protéger les jeunes filles des unions précoces.
Le progrès ne s’arrête pas au Code civil. Sur le plan pénal, la protection de la femme a fait un bond. La loi pour l’élimination des violences faites aux femmes garantit désormais la gratuité des examens médicaux en cas d’agression sexuelle et durcit les sanctions contre le harcèlement. Plus courageux encore, le Code pénal autorise l’interruption volontaire de grossesse en cas de viol ou de détresse avérée, plaçant la dignité et la santé des femmes au-dessus des tabous.
Aujourd’hui, la Journée nationale de la femme est la preuve d’une accélération des réformes. En célébrant ce 17 avril, les autorités réaffirment leur ambition de transformer les acquis législatifs en un véritable moteur de développement. Avec le lancement de « Résilience 241 » et l’ouverture des débats sur la gouvernance, le Gabon s’inscrit résolument dans une ère où le leadership féminin est reconnu comme une force essentielle pour l’avenir de la Nation.

