Une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux a une nouvelle fois mis en lumière la fragilité au sein de nombreux foyers au Gabon. Les images, tournées le samedi 22 novembre 2025 aux environs de 20 h au quartier Awoungou, dans le 1ᵉʳ arrondissement de la commune d’Owendo, montrent un jeune garçon surnommé « Égire » dans une situation peu convenable portant atteinte aux bonnes mœurs. Les concernés ont été interpellés par les agents de la Police judiciaire (PJ).
À la suite d’une vague de dénonciation sur les réseaux sociaux, les individus identifiés dans la vidéo ont été interpellés le mardi 24 novembre dernier par les agents de la PJ où ils ont relaté les faits. « Je sillonnais dans le quartier quand j’ai aperçu Egire assit chez le boutiquier, étant affamé, je lui ai proposé de nous rendre chez Jonas. Une fois chez lui, on lui a demandé s’il pouvait nous trouver quelque chose à manger, il nous a proposé de nous donner une boîte sardine et un morceau de manioc à condition que je sodomise Egire », a indiqué Espoir, 14 ans présumé violeur.
Selon les témoignages recueillis, le jeune Egire et son frère jumeau vivent depuis plusieurs mois sous la pression d’un climat familial hostile, ce qui pourrait expliquer le fait que ce dernier se soit laissé entraîner dans ce travers, ajouté à cela, il semblerait que le dénommé Jonas Hervé sèmerait la terreur dans le quartier. « Lorsque jonas nous a demandé de faire avec Espoir, j’ai voulu refuser, mais il nous a menacé de ne plus nous donner à manger, qu’il devait nous tabasser à chaque fois qu’il nous verra dans le quartier », a déploré Égire.
Pour Jonas, il s’agissait uniquement d’une blague qui aurait mal tourné, « qu’ils le faisaient ou pas, j’allais leur donner à manger, je voulais juste avoir une vidéo à monter à mes amis pour rigoler ». Autre fait, les deux mineurs présents dans la vidéos auraient subi des pénétrations annales, et ce, après confirmation via un examen médical.
Mais au-delà de l’émotion suscitée par l’affaire, un autre débat émerge : celui de la responsabilité parentale, mettant en lumière une problématique persistante au Gabon : la combinaison dangereuse entre maltraitance au sein des familles élargies et démission parentale. Entre silence, peur de dénoncer et absence d’implication, de nombreux mineurs subissent des violences sans bénéficier d’un accompagnement adéquat.
Alors que l’affaire continue de susciter de vives réactions, l’urgence demeure, assurer la sécurité des enfants concernés et rappeler, fermement, mais nécessairement, que la protection d’un enfant commence toujours par la responsabilité parentale, et ce, conformément aux dispositions du Code de l’Enfant en République Gabonaise.
En attendant, les concernés seront présentés dans les prochaines heures devant le procureur de la République afin de répondre des faits qui leur sont reprochés et pourraient bénéficier des circonstances atténuantes du fait qu’ils soient tous mineurs. Une regrettable affaire qui ravive le débat sur la protection des enfants au Gabon et la nécessité pour les communautés locales de signaler sans délai tout comportement suspect ou toute situation susceptible de mettre un mineur en danger.

