À l’approche des fêtes de fin d’année, alors que la plupart des habitants de Libreville et des autres villes gabonaises se préparent à célébrer, un nouveau phénomène se pointe à l’horizon et ce fait particulier attire l’attention : certains hommes choisissent de s’éloigner de la drague, non par manque d’intérêt, mais pour éviter les dépenses imposées par cette période festive. Entre traditions, attentes sociales et réalités économiques, les fêtes deviennent un terrain délicat pour les relations amoureuses.
Les fêtes de fin d’année au Gabon sont synonymes de joie, de retrouvailles familiales et de célébrations flamboyantes. Mais derrière les lumières et les rires, une réalité plus pragmatique se dessine : beaucoup d’hommes évitent de courtiser de nouvelles partenaires pendant cette période. La raison ? Les dépenses souvent importantes que ces festivités entraînent.
Pour certains, offrir des cadeaux, payer des sorties ou s’occuper des besoins matériels de leur partenaire devient rapidement un casse-tête financier. «À mon avis, et selon mon expérience, les hommes draguent moins en période de fête parce que les coûts (financiers, sociaux, émotionnels) augmentent, tandis que les bénéfices diminuent. », a révélé Francky-Thiburse Mapenda, diplômé en sociologie (UOB) et enseignement spécialisé (ENS)
Cette situation met en lumière un dilemme qui dépasse le simple aspect économique : les attentes sociales liées aux relations amoureuses pendant les fêtes pèsent lourdement sur ceux qui ne disposent pas de ressources suffisantes.« Il y a comme un renforcement des priorités affectives qui se développe, en ce sens que beaucoup d’hommes ressentent une volonté de se recentrer sur leur couple, de faire plaisir à leurs enfants et d’éviter les conflits inutiles avec leurs conjoints», a renchéri l’expert
Pour beaucoup de femmes, recevoir un cadeau ; de l’argent pour se faire belle, pour commémorer l’événement ou partager un moment spécial fait partie de l’expérience festive. « Durant ce mois de novembre, je n’ai eu que 2 dragueurs contrairement au mois précédent, ils se font déjà très rares. Ce constat est fait chaque fin d’années, car nombreux hommes de la capitale estiment qu’ils n’ont plus assez d’argent, car le panier de la ménagère ayant augmenté les problèmes l’école des enfants etc, ils disent ne plus être à mesure de nous donner l’argent pour les fêtes» a témoigné Jennifer Bouanga, étudiante en fin de cycle. Pour certains hommes, cela devient un frein à toute initiative amoureuse.
Les réactions varient : certains considèrent cette retenue comme un signe de prudence et de maturité, d’autres comme un manque d’intérêt. « Ce n’est pas qu’on refuse de draguer, mais on a remarqué qu’en cette période de festivités, la gent féminine est beaucoup plus exigeante » a révélé Rodney Mbogho, jeune cadre. Quoi qu’il en soit, cette dynamique révèle un équilibre délicat entre affection, tradition et contraintes financières dans la vie sentimentale gabonaise.
Au final, les fêtes de fin d’année, bien que festives et chaleureuses, rappellent que derrière chaque sourire se cachent parfois des décisions réfléchies et des priorités économiques.

