Face aux critiques dénonçant une atteinte à la liberté d’expression, le président de la Haute Autorité de la Communication (HAC), Germain Ngoyo Moussavou, est sorti de sa réserve. Dans une interview accordée au quotidien L’Union, il a tenu à clarifier la position de l’institution : la suspension des plateformes n’est pas une violation de la Constitution, mais une mesure légale et provisoire pour protéger l’ordre public numérique.
Pour la HAC, la liberté d’expression doit s’exercer dans le respect des lois. L’institution justifie son action par la multiplication de contenus haineux et diffamatoires, s’appuyant sur les nouveaux pouvoirs de régulation numérique qui lui ont été confiés en 2023. Cette restriction vise également à contraindre les géants du web, comme TikTok, à mieux modérer leurs contenus sur le territoire gabonais.
Dans les foyers et les bureaux, cette mesure a radicalement changé les habitudes. Si la HAC assure travailler avec les opérateurs pour restreindre les accès, elle reconnaît la réalité des VPN qui permettent aux plus avertis de rester connectés. Pour beaucoup de Gabonais, naviguer sur le web est devenu un parcours d’obstacles technique, illustrant le décalage entre la volonté de contrôle et la fluidité d’un monde numérique qui ne s’arrête jamais vraiment.
Enfin, le gouvernement a franchi une nouvelle étape lors du Conseil des ministres du 26 février. De nouvelles ordonnances ont été adoptées pour encadrer plus strictement l’usage des réseaux sociaux. Entre besoin de sécurité et protection des libertés individuelles, le Gabon cherche désormais un nouvel équilibre pour son écosystème numérique.

