Au‑delà d’une simple préférence familiale, le choix du nom d’un enfant au Gabon répond à un cadre juridique strict destiné à sécuriser son identité, clarifier sa filiation et protéger sa dignité. Le Code civil gabonais consacre plusieurs articles spécifiques à ces règles, faisant du nom un élément fondamental de l’état civil.
Selon l’article 93 du Code civil, « tout Gabonais doit avoir un nom », auquel s’ajoutent éventuellement les prénoms et, dans certains cas, les noms des parents. L’article 94 prévoit que l’enfant reconnu par son père porte normalement le nom du père si ce nom est héréditaire ou si le père en décide ainsi. Dans le cas contraire, l’attribution peut se faire suivant la coutume.
Pour les enfants naturels non reconnus par leur géniteur, l’article 95 dispose que l’enfant portera le nom de la mère si celui‑ci est héréditaire ou choisi par elle. Dans le cas contraire, l’officier d’état civil oriente la désignation selon les usages locaux. Cette répartition prévoit donc un lien direct entre filiation et nom, évitant ainsi les incertitudes sur l’origine familiale de l’enfant.
Possibilité de combiner les noms parentaux
Le texte n’interdit pas la combinaison des noms parentaux. Ainsi, dans les faits, il est possible, à l’enregistrement, que l’enfant porte un nom composé, notamment pour refléter les deux lignées familiales, si la filiation est établie à l’égard des deux parents et que ceux‑ci en conviennent. L’article 99 précise également que les prénoms sont librement déclarés par l’un ou l’autre des parents lors de l’inscription de la naissance.
Des limites pour protéger l’enfant
Le Code civil ne permet pas de donner des noms contraires à l’intérêt de l’enfant. Ainsi, un nom qui pourrait nuire à sa dignité ou porter atteinte à l’ordre public peut être écarté par l’officier de l’état civil. Cette disposition vise à éviter des désignations stigmatisantes ou manifestement inappropriées, même si la loi précise que le nom doit être donné selon les indications des parents.
Changer de nom : une procédure judiciaire encadrée
Le nom attribué à la naissance n’est pas figé. Le Code civil gabonais prévoit des procédures permettant à un adulte de demander un changement de nom, notamment pour corriger une erreur, retrouver un nom familial ou pour d’autres motifs légitimes. Cette démarche requiert une autorisation par décret du président de la République après avis de la Cour suprême. Une fois accordé, le changement est porté en marge de l’acte de naissance, et le bénéficiaire peut l’utiliser après mise à jour des registres d’état civil.
Un équilibre entre liberté et protection
Au Gabon, le droit des parents à nommer leur enfant coexiste avec des garde‑fous juridiques visant à garantir l’intégrité de l’état civil et la dignité des personnes. À travers ces règles, l’État cherche à sécuriser une étape essentielle de la construction identitaire de chaque Gabonais, tout en respectant les traditions familiales et les principes de filiation clairement établis par la loi.

