À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le VIH/SIDA, traditionnellement célébrée le 1er décembre, le ministère gabonais de la Santé a lancé une vaste campagne de sensibilisation et de dépistage dans le Grand Libreville. Une initiative portée par la Direction générale de la prévention du SIDA (DGPS) et le Programme national de lutte contre les IST/VIH (PNLS), avec pour objectif de rapprocher les services de prévention des populations.
Au centre de ces opérations, un message clair et rassurant est affiché : « Dépistage Gratuit et Anonyme ». Cette initiative vise à lever les barrières financières et psychologiques souvent associées au test de dépistage, permettant ainsi à un maximum de citoyens de connaître leur statut sérologique.
Pour cette opération, trois sites très fréquentés ont été sélectionnés, notamment le Marché Banane du PK8, la Gare Routière et le Carrefour Delta, dans la commune d’Akanda. Des lieux choisis pour leur forte affluence, permettant de toucher au mieux les usagers, travailleurs et jeunes particulièrement exposés.
Sur place, les équipes sanitaires déploient un dispositif complet : séances de sensibilisation, distribution de préservatifs, dépistages rapides et gratuits, ainsi que l’orientation vers les structures de prise en charge pour les personnes dépistées réactives. « L’idée est d’aller vers les communautés, au plus près de leur quotidien, afin de renforcer le lien entre la population et le système de santé », explique Edou Obiang, cadre de la santé publique.
Pour certains participants, ces campagnes ne suffisent pas. Alexandre Nziengui, un citoyen venu participer à cette initiative, estime qu’« il serait nécessaire que l’Assemblée nationale adopte des lois rendant le dépistage obligatoire, pour mieux contrôler la propagation du virus ». Une opinion qui témoigne des inquiétudes persistantes face à la maladie, malgré les efforts continus des autorités sanitaires.
Présente sur l’un des sites, le ministre de la Santé par intérim, Nadine Nathalie Awanang Épouse Anato, a rappelé l’importance de cette mobilisation nationale, « Le dépistage est la première porte d’entrée vers la prévention et la prise en charge. Aller vers les populations, dans leurs espaces de vie, est essentiel si nous voulons réduire durablement les nouvelles infections », a-t-elle déclaré, appelant les jeunes à s’engager davantage dans les actions de prévention.
La journée du 1ᵉʳ décembre marque également le lancement du Mois Rouge, une période de mobilisation nationale entièrement consacrée à la lutte contre le VIH/Sida. Jusqu’au 19 décembre, des actions similaires seront déployées dans plusieurs quartiers de Libreville et d’Owendo.
Ces stands, arborant fièrement le ruban rouge, symbole de la lutte contre le VIH, ne se limitent pas au seul test. Ils sont également des lieux d’information et d’éducation où des professionnels de la santé conseillent sur les méthodes de prévention, l’importance du traitement antirétroviral (ARV) et la réduction de la stigmatisation.
L’anonymat garanti est un élément clé de la campagne, encourageant une participation plus large et honnête, et assurant que la peur du jugement n’entrave pas l’accès aux soins et au traitement. L’objectif reste le même : informer, dépister, accompagner et encourager chacun à adopter des comportements responsables pour freiner la transmission du virus.

