L’État gabonais s’apprête à consolider son contrôle sur le secteur agro-industriel en finalisant sa participation dans Agro Business Group (ABG), anciennement Siat-Gabon. Selon la Loi de finances 2026, le gouvernement mobilisera 3,9 milliards FCFA (environ 6,9 millions de dollars) pour comptabiliser cette participation de 35 % au capital du groupe, déjà signée le 24 mai 2024.
Contrairement à certaines interprétations relayées par la presse et sur les réseaux sociaux, il ne s’agit pas d’une injection de fonds frais. Cette prise de participation se fera par compensation de dette fiscale, permettant à l’État de convertir des créances fiscales en actions, tout en renforçant sa position au sein de l’entreprise.
Un rôle actif dans la gouvernance d’ABG
Avec cette participation, l’État gabonais entend intervenir directement dans la gouvernance d’Agro Business Group, notamment en nommant des représentants au conseil d’administration. L’objectif est de stabiliser l’entreprise, sécuriser ses activités industrielles et préserver près de 800 emplois répartis entre Bitam, Mitzic, Nzilé et Kango. En contrepartie, le groupe s’engage à maintenir et moderniser son outil de production sur le territoire national.
Agro Business Group, spécialisé dans la production d’hévéa, d’huile de palme et l’élevage, traverse des difficultés depuis plusieurs années. La société a été confrontée à des tensions de trésorerie, entraînant une suspension temporaire de ses activités. Elle a également été radiée de la cote de la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC) le 17 février 2023 pour non-respect des règles du marché, selon la Commission de surveillance du marché financier d’Afrique centrale (Cosumaf).
Relancer le secteur agro-industriel et soutenir la chaîne de valeur locale
Cette opération s’inscrit dans la stratégie de l’État pour restructurer le secteur agro-industriel et sécuriser la chaîne de valeur locale, en garantissant la continuité des activités et en préservant l’emploi. Elle complète les initiatives déjà mises en place, comme le « Fonds de crédit agricole à taux réduit (CATR) », piloté par la Banque pour le commerce et l’entrepreneuriat du Gabon (BCEG).
Doté d’une enveloppe de 6,8 milliards FCFA (environ 12 millions de dollars), ce fonds vise à faciliter l’accès au financement pour les porteurs de projets agricoles et avicoles sur l’ensemble du territoire. En consolidant sa participation dans Agro Business Group, le Gabon cherche donc à reprendre la main sur ses leviers de croissance, tout en sécurisant un secteur stratégique pour l’économie nationale et en soutenant la filière agro-industrielle locale.

