À l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse, l’ONG Reporter sans frontière (RSF) a dévoilé son classement pour 2024, dans lequel le Gabon a connu une véritable progression, passant de la 94ᵉ place en 2023 à la 56ᵉ cette année.
Avec un score total de 65,83, le Gabon gagne 38 places pour se retrouver à la 56ᵉ position au classement mondial de la liberté de la presse et continue progressivement sa marche vers la protection de la liberté d’informer. Cela malgré une année particulièrement chamboulée par les programmes politiques.
La prise de pouvoir du 30 août a favorisé une montée croissante du pays dans ce classement, souligne le rapport de l’ONG. Après ce coup de libération, des annonces fortes ont été faites par le général Brice Oligui Nguema en vue d’aider la presse à faire son travail correctement et dans de meilleures conditions. Pour joindre l’acte à la parole, il a annoncé 500 postes budgétaires pour améliorer les conditions de vie des journalistes. Une nouvelle accueillie avec enthousiasme par ces professionnels, même si la mesure attend encore d’être concrétisée par le gouvernement de la transition.
L’avènement d’une presse libre et indépendante reste un chantier inachevé au Gabon, notamment en raison des sanctions de l’organe de régulation, résume RSF.
L’élément clé de cette progression repose sur l’indicateur économique qui met le Gabon à la 60ᵉ place avec un score de 80,17 sur 180 pays. L’ONG précise que depuis janvier 2023, aucun journaliste ni collaborateur de média n’a été tué. Il en va de même pour les détentions de tous types qui sont nulles. L’indicateur législatif, lui, régresse légèrement comparé à l’année dernière. Les indicateurs politique, social et sécuritaire, eux aussi, connaissent une légère régression.
Reporter sans frontière note que la liberté d’expression est consacrée dans la Constitution gabonaise, et le Code de la communication de 2016 a permis une avancée majeure en mettant fin aux peines privatives de liberté pour des délits de presse.
Fabienne Okome

