Malgré une tentative de sortie de crise actée au sommet, le mouvement social dans l’Éducation nationale reste vivace sur le terrain. Après une Assemblée générale tenue ce 31 janvier, la grève se poursuit dans huit provinces et suspendue dans la province de l’Ogooué-Lolo jusqu’au 25 février.
Selon la communication publiée par la ministre Camélia Ntoutoume Leclercq, le 27 janvier, elle a reçu à son cabinet les neuf (09) représentants provinciaux du mouvement S.O.S Éducation La Base dans le cadre de la présentation du protocole d’accord de sortie de crise. Les neuf représentants y ont apposé leur signature, exprimant leur adhésion aux termes convenus et leur engagement à suspendre la grève.
Pourtant, à l’issue d’une assemblée générale, la base syndicale a adopté une lecture plus prudente de la reprise. Le mouvement indique que la grève se poursuit dans huit provinces, tandis qu’une seule province, dont celle de l’Ogooué-Lolo, a décidé d’une suspension du mot d’ordre jusqu’au 25 février 2026.
Une sortie de crise signée… mais une reprise encore inégale
Dans sa publication, la ministre de l’Éducation nationale mettait en avant un acquis important. L’unanimité des signatures sur le protocole, signe d’une volonté de décrispation et d’un retour à la normalité des cours sur l’ensemble du territoire.
Sur le terrain, cependant, le mouvement explique que la dynamique de suspension n’est pas uniforme. L’assemblée générale, présentée comme l’organe d’expression de la base, conclut à une reprise partielle, avec une majorité de provinces maintenant la pression.
Dans ce climat, les membres du gouvernement ont également livré des éléments d’explication jeudi 29 janvier, au Palais du bord de mer, lors de leur arrivée au Conseil des ministres. L’exécutif insiste sur une réponse graduelle, combinant régularisations, clarifications administratives et mécanismes d’intégration progressive.
Sur le volet administratif, la ministre de la Fonction publique, Laurence Mengue-Me-Nzoghe, a indiqué que le gouvernement entendait accélérer le traitement des dossiers en attente. Elle a notamment précisé que l’enveloppe de régularisation, annoncée à 3 000 agents, a été portée à 4 000, tout en soulignant que la démarche ne se limite pas à un simple ajustement de chiffres. Elle a également annoncé la transmission, au mois de février, d’arrêtés concernant 500 agents publics, appelés à voir leur situation régularisée avec effet de solde, en priorité dans l’Éducation nationale.
De son côté, Camélia Ntoutoume Leclercq a rappelé les dispositions prévues pour les sortants des écoles de formation : 328 diplômés de l’ENS et de l’ENSET doivent être mis en solde, tandis que 692 sortants de l’ENI demeureront en pré-salaire jusqu’en décembre 2026, avant un basculement en solde normale en janvier 2027.
Une séquence décisive attendue sur le terrain
Entre protocole signé au niveau des représentations provinciales et maintien du mot d’ordre dans 8 provinces après concertation interne, la reprise réelle des cours, du retour des personnels et de la matérialisation des engagements administratifs que l’apaisement sera, ou non, consolidé. À court terme, l’issue dépendra notamment de la matérialisation des engagements annoncés, au premier rang desquels la régularisation des situations administratives, le paiement des rappels de solde et l’amélioration des conditions de travail.

