À quelques jours du scrutin présidentiel du 12 avril, Axel Stophène Ibinga Ibinga présente un projet économique radical : sortir le Gabon de la spirale de l’endettement. Son ambition ? Financer intégralement le développement du pays sans emprunter un seul franc. Pour y parvenir, il mise sur une gouvernance technocratique, une gestion rigoureuse des finances publiques et la valorisation du travail.
Axel Ibinga Ibinga veut rompre avec les logiques anciennes. Il propose un budget 2025 entièrement autofinancé, sans recours à l’endettement extérieur. Une révolution budgétaire dans un pays où le financement par emprunt est devenu une norme. Le candidat prévoit de supprimer les institutions jugées inefficaces, de réduire les dépenses dites de souveraineté, et d’abolir les cadeaux fiscaux, qualifiés d’inutiles.
Ces exonérations, autrefois accordées pour attirer les investisseurs, seront supprimées dès 2025. Résultat : environ 900 milliards FCFA de recettes nouvelles dès la première année. Sur l’ensemble du mandat, cette réforme dégagerait 8 699 milliards FCFA, contre 6 698 milliards de dépenses prévues. L’équilibre budgétaire serait donc atteint, avec un excédent à la clé.
Dans sa vision, l’État doit se recentrer sur ses missions essentielles : éducation, santé, justice et infrastructures. Il annonce 1 632 milliards FCFA pour la modernisation du système éducatif, y compris la recherche et la formation professionnelle. La santé, la solidarité nationale et la protection sociale bénéficieront de 679 milliards FCFA. L’accent sera mis sur les allocations familiales, l’éducation civique et une nouvelle culture de la citoyenneté.
Pour les infrastructures, 1 987 milliards FCFA seront mobilisés : routes, réseaux d’eau et d’électricité, transports, numérique. À cela s’ajoutent 621 milliards FCFA pour la justice, les prisons et la réinsertion. Le financement reposera sur une refonte complète de la fiscalité. Les douanes et impôts intérieurs généreront à eux seuls plus de 7 000 milliards FCFA en sept ans. La suppression des subventions sur le carburant dégagera 58 milliards FCFA supplémentaires.
Autres recettes attendues : 400 milliards FCFA grâce à la redevance d’usure de route, et 1 125 milliards issus de fonds affectés. Des économies seront également réalisées sur le train de vie de l’État. Le programme prévoit la suppression du Sénat, de la Vice-Présidence, de certaines agences et autorités, ainsi qu’une baisse du nombre de parlementaires. Le tout pour 183 milliards FCFA d’économies.
Mais le projet d’Axel Ibinga Ibinga va au-delà des chiffres. Il veut bâtir une République du travail. Cinq zones agricoles spéciales verront le jour. L’industrie locale sera soutenue. Les secteurs comme l’élevage, la pêche, le tourisme et l’environnement recevront un appui de 329 milliards FCFA. Pour la jeunesse, la famille et la citoyenneté, 251 milliards FCFA sont prévus. Il s’agira de développer des programmes éducatifs, des infrastructures dédiées aux jeunes, et de renforcer l’éducation morale et civique.
Culture, sport et artisanat bénéficieront de 126 milliards FCFA. Centres culturels, incubateurs, aires de jeux et vie associative seront valorisés. La diplomatie, la défense et la sécurité seront modernisées à hauteur de 939 milliards FCFA. Objectif : renforcer les institutions, équiper les forces publiques, et affirmer la souveraineté nationale. Refusant la facilité de la dette, Axel Ibinga Ibinga offre une vision différente : un Gabon autonome, responsable, financé par ses propres moyens.
Dans un pays lassé des promesses non tenues, cette proposition audacieuse, rigoureusement chiffrée, pourrait bien convaincre ceux qui veulent en finir avec le « toujours plus de dettes ». Le 12 avril, les électeurs devront choisir : continuer avec le système actuel, ou tenter l’aventure d’un nouveau modèle fondé sur le travail, la compétence, et la souveraineté.

