À quelques jours de l’élection présidentielle, les voix spirituelles du Gabon s’élèvent pour une cause bien particulière : encourager les chrétiens à se rendre aux urnes. Rassemblés à Libreville, pasteurs, évêques et responsables religieux ont lancé un appel, rejetant l’abstention et prônant un engagement actif dans la vie démocratique du pays.
Cette déclaration, portée par l’évêque Mike Jocktane, marque une rupture nette avec la neutralité souvent observée par les institutions religieuses. Les leaders spirituels estiment qu’il n’est plus temps de se taire. Après prière, méditation et concertation, ils affirment que l’Église doit désormais assumer sa responsabilité citoyenne et prendre la parole avec fermeté dans l’intérêt de la nation.
Dans un contexte où l’abstention menace de fragiliser la légitimité du scrutin, le message est clair : rester en retrait, c’est laisser les autres écrire l’histoire du pays. « Non à l’abstention qui marginalise notre voix. Oui à une foi vivante, enracinée aussi dans l’action civique », a proclamé le collectif d’Églises, insistant sur la nécessité pour les fidèles de conjuguer spiritualité et citoyenneté.
Ce sursaut moral est aussi un appel lancé aux pasteurs eux-mêmes, invités à donner l’exemple en se rendant aux urnes et en sensibilisant leurs congrégations. Loin de tout discours partisan, l’intervention des Églises se veut une incitation à la responsabilité collective, à un moment charnière pour le Gabon.
Les chefs religieux vont plus loin encore : ils exigent désormais que les futurs élus considèrent l’Église comme un acteur incontournable de la vie publique. Non pour faire de la politique, mais pour peser sur les choix de société. À travers ce message, ils rappellent que la foi, loin d’être un refuge passif, peut être un levier puissant de transformation nationale.

