Malgré une initiative pilote lancée à Nzeng-Ayong pour améliorer la gestion des déchets, l’insalubrité semble persister à Libreville. En cause, le comportement peu civique de nombreux habitants, qui continuent d’ignorer les règles élémentaires de propreté urbaine.
Alors que le pays connaît une transformation urbaine majeure, la question de l’insalubrité en milieu urbain demeure préoccupante. Nombre de citoyens continuent de penser que la propreté des villes relève uniquement de la responsabilité des autorités, délaissant ainsi leur propre rôle dans la chaîne de salubrité. « Cette affaire d’ordures est très préoccupante, il faut vraiment que l’État prenne ce problème à bras-le-corps » a déclaré Jacques Ivenga, habitants du 6e arrondissement.
Dans le 6e arrondissement de Libreville, à Nzeng-Ayong, une initiative pilote avait pourtant été lancée, il y a plusieurs mois par l’ancien délégué spécial de Libreville, Judes Ibrahim Rapontchombo. Ce programme ambitieux visait à faciliter le quotidien des habitants tout en luttant contre les dépôts anarchiques d’ordures, dû notamment à l’absence ou au débordement des bacs à déchets.
L’objectif était pourtant clair : créer un modèle de gestion des ordures qui pourrait être dupliqué dans d’autres quartiers de la capitale. Des jours et des heures fixes de ramassage ont été instaurés, soit quatre passages par semaine, dans les ruelles et zones annexes des quartiers.« Au début du projet, le camion de ramassage d’ordures passait, le lundi, mercredi, vendredi et dimanche à 21 h » a révélé Jacques Ivenga, habitant de fin goudron en Nzeng-Ayong.
Mais plusieurs mois plus tard, le constat est amer. Malgré ces efforts, les ordures continuent de s’accumuler, non seulement dans les points d’apport volontaire, mais aussi dans des lieux improvisés par les habitants. « Avant, on avait nos jeunes qui procédaient à la pré-collecte des ordures, mais lorsque que les camions ont commencé, ils ont dû arrêter. Malheureusement, ces camions ne sont pas très assidus, il y a des semaines où ils ne viennent pas » a affirmé Marlia Ntsono, habitants de Nzeng-Ayong.
Ajoutez à ça des comportements répréhensibles qui nuisent gravement à la beauté du quartier. Certains abandonnent leurs sacs-poubelle à même le sol, sans tenir compte des jours de collecte, compliquant ainsi le travail des éboueurs et favorisant la formation de minidécharges au sein des quartiers. « La plupart du temps, ce sont des enfants qui sont auteurs de tout ce chaos, ils déposent les ordures n’importe comment » a ajouté Marlia Ntsono. Cette situation représente un danger sanitaire croissant, aggravé par le fait que ce sont souvent des enfants qui sont chargés de jeter les déchets, parfois sans surveillance ni consignes précises
Face à ces comportements, une prise de conscience collective s’impose pour accompagner les initiatives des autorités. Car sans la participation active de tous, aucune politique de salubrité ne pourra porter ses fruits à long terme.

