Au Gabon, un nombre croissant de familles est confronté à des difficultés liées à la garde des enfants après une séparation ou un divorce. Entre droits parentaux, responsabilités financières et intérêt supérieur de l’enfant, trouver un équilibre demeure un défi pour de nombreux parents.
La rupture d’un couple ne marque pas seulement la fin d’une relation conjugale ; elle ouvre également une période d’incertitudes concernant l’avenir des enfants. Qui doit en assurer la garde au quotidien ? Comment répartir les charges éducatives et financières ? Autant de questions sensibles qui, mal gérées, deviennent sources de tensions durables.
Charlaine Piga, mère célibataire, témoigne : « Lorsque je me suis séparée de mon concubin, il m’a fait convoquer aux Affaires sociales de son lieu de travail. Il nous a été expliqué que nos enfants, âgés de moins de cinq ans, devaient vivre avec moi, et que leur père devait subvenir à leurs besoins ». Une situation fréquente, mais rarement vécue sans heurts.
Sur le plan juridique, la garde des enfants au Gabon est encadrée par le Code civil et par la Loi organique n° 003/2018 du 8 février 2019 portant Code de l’Enfant. Ces textes rappellent les droits et devoirs des parents et encouragent le dialogue ainsi que la médiation afin d’éviter des conflits prolongés, dont les conséquences psychologiques sur les enfants peuvent être lourdes. Dans la pratique toutefois, l’application de ces dispositions varie selon les juridictions et la complexité des situations familiales.
Certaines configurations restent particulièrement préoccupantes, notamment lorsque la séparation est conflictuelle. Paterne, père divorcé, en a fait les frais. « La mère de ma fille refuse catégoriquement de me la confier pour les vacances, estimant que je ne suis pas stable. », a-t-il exprimé. Dans ces contextes, les enfants peuvent devenir des instruments de pression entre parents, être privés de la relation avec l’un d’eux, ou servir d’enjeu financier. Pourtant, le Code civil et le Code pénal, notamment à travers les articles 481 et 276, interdisent clairement ces pratiques et prévoient des sanctions.
À mesure que les séparations conjugales se multiplient, la question de la garde des enfants s’impose comme un enjeu social majeur au Gabon. Derrière chaque conflit juridique se jouent des trajectoires de vie fragiles, celles d’enfants en quête de stabilité, de sécurité et d’attention. Plus que jamais, il apparaît essentiel que les parents, les institutions et la société placent l’intérêt supérieur de l’enfant au cœur des décisions, afin que la séparation des adultes ne devienne pas une rupture irréversible pour les plus vulnérables.

