À peine un mois après son entrée à l’Assemblée nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq fait son retour au sein du gouvernement. La ministre de l’Éducation nationale retrouve ainsi un portefeuille qu’elle connaît parfaitement, relançant le débat sur la continuité de l’action publique et les perspectives de réforme du système éducatif gabonais.
Ce come-back rapide de l’ancienne ministre relance le débat sur la continuité de l’action gouvernementale ou l’ouverture d’un nouveau chapitre pour l’école gabonaise. Confronté à de nombreux défis, infrastructures insuffisantes, déficit d’enseignants, conditions de travail précaires et retards dans le paiement de certaines primes, le secteur de l’éducation traverse une période de fortes tensions. La grève en cours, déclenchée par les syndicats pour dénoncer le non-respect des engagements de l’État, illustre le malaise profond qui persiste dans le milieu éducatif.
En retrouvant son poste, Camélia Ntoutoume Leclercq apparaît pour certains comme un choix de continuité, misant sur l’expérience et la connaissance des dossiers pour renouer le dialogue social et accélérer les réformes attendues. « Son retour peut rassurer les enseignants et les parents, car elle connaît parfaitement les mécanismes de l’éducation nationale et les dossiers en cours », souligne le sociologue Alain Moussavou.
D’autres y voient au contraire l’opportunité d’un nouveau départ, à condition que des mesures concrètes et urgentes soient prises pour apaiser le climat et répondre aux revendications des enseignants. « L’urgence est de rétablir la confiance avec les syndicats et de montrer par des actions rapides que l’école est une priorité nationale », ajoute-t-il.
Durant son passage éclair à l’Assemblée nationale, l’ancienne ministre a toutefois pu renforcer son ancrage politique et sa lecture des préoccupations de terrain, notamment celles exprimées par les élus et les populations. Un atout supplémentaire qui pourrait peser dans la conduite des politiques éducatives à venir.
Reste à savoir si ce retour marque une simple continuité ou l’ouverture d’un nouveau cycle. Les acteurs du secteur, enseignants comme parents d’élèves, attendent désormais des actes concrets : amélioration des conditions de travail, revalorisation du métier d’enseignant, modernisation des infrastructures et refonte des programmes. « Nous espérons que cette fois, les promesses se traduiront en actions concrètes. Nos enfants ont besoin d’écoles fonctionnelles et d’enseignants motivés », déclare Jean-Pierre Mbadinga, président d’une association de parents d’élèves. Autant de chantiers qui détermineront si ce retour au gouvernement sera synonyme de renouveau ou de prolongement d’une dynamique déjà engagée.
L’avenir de l’école gabonaise se jouera donc dans les prochains mois, entre promesses et actions concrètes, dialogue social et réformes urgentes, Carmélia Ntoutoume Leclerc devra transformer son retour en un véritable tournant pour un système éducatif longtemps fragilisé. Les yeux du pays sont désormais tournés vers elle, dans l’espoir d’un renouveau tangible pour les enseignants, les élèves et les parents.

