Au Gabon, la pénurie de consommables médicaux dans les hôpitaux publics est une réalité qui pèse lourdement sur la prise en charge des patients. De nombreux malades, souvent dans un état d’urgence, se retrouvent contraints d’acheter eux-mêmes des seringues, compresses, gants, coton, perfuseurs et autres matériels avant même de recevoir les soins nécessaires. Une situation qui pose non seulement un problème d’accès aux soins pour les plus démunis, mais qui expose également les patients à des retards de prise en charge pouvant être fatals.
Une fois arrivés aux urgences, de nombreux patients se heurtent à la dure réalité du système de santé gabonais : l’indisponibilité des éléments de base qui devraient être fournis par l’établissement hospitalier lui-même. Ceux qui en ont les moyens doivent se rendre en pharmacie ou dans des commerces de matériel médical pour se procurer ces consommables, retardant ainsi leur prise en charge. Pour les plus démunis, cette obligation devient un véritable parcours du combattant, les laissant souvent sans solution face à leur souffrance.
Dépendant du degré d’urgence de leur pathologie, certains patients se retrouvent dans une situation critique. La vie de nombreuses personnes est ainsi mise en danger par ce dysfonctionnement répété du système de santé, qui ne semble pas trouver d’issue depuis plusieurs années.
Au sein des hôpitaux, cette situation est souvent justifiée par des problèmes d’approvisionnement, des retards dans la livraison du matériel ou encore des difficultés budgétaires. « L’hôpital doit disposer de l’ensemble des consommables et des médicaments pour pouvoir soigner les gens. Pour que l’hôpital puisse disposer de cela, il faut que l’hôpital ait des moyens. Si l’hôpital ne peut pas payer, à ce moment, nous sommes obligés de faire des ordonnances aux malades pour qu’ils aillent les acheter en pharmacie », explique le Pr. Jean François Meye, directeur général du CHU Mère Enfant Fondation Jeanne Ebori.
Les conséquences de cette pénurie sont multiples. Outre la mise en danger des malades, on assiste également à une surcharge des soignants, contraints d’adapter leurs pratiques avec des moyens limités. Certains professionnels de santé se retrouvent même à devoir demander des avances aux familles ou à retarder des interventions faute de matériel disponible. Cette situation alimente un climat de frustration tant chez les patients que chez le personnel médical.
Cependant des solutions palliatives pourraient bientôt être mises en place. « Dans la nouvelle liste des médicaments édition 2025 qui n’est pas encore vulgarisée, il y a une commission qui sera mise en place dans peu de temps pour évaluer ce qui pourra être pris en charge comme consommables par la CNAMGS », a déclaré Dr Line Kouajip Epse Hazoumé, pharmacienne à la CNAGMS.
Pour pallier ces carences, une coordination plus efficace entre les structures hospitalières et le gouvernement semble indispensable. Une meilleure gestion des stocks, un financement plus transparent et une volonté réelle d’améliorer l’accès aux soins permettraient d’offrir aux populations des conditions sanitaires dignes.

