Parmi les innovations introduites par les accords d’Arambo, signés en 2006 à Libreville, figure une tentative de réforme du processus électoral. À la suite de cet événement, les populations s’interrogent toujours sur la contribution de ces accords dans l’organisation des élections au Gabon.
Organisés en mai 2006, les accords d’Arambo avaient pour objectif, le toilettage du fichier électoral, l’instauration d’un bulletin de vote unique, le retour à un collège électoral unique, la remise aux candidats des procès-verbaux établis dans le bureau de vote, la création d’une commission autonome indépendante et permanente, le financement public de la campagne électorale et l’accès des opposants aux médias publics.
Selon le journaliste politique et ancien député, Jules Esdras Mouhouloulou, les problématiques évoquées par l’opposition, n’ont pas été résolues. « Les différents accords que nous avons vus, plutôt que de mettre les populations à l’abri du besoin, ont continué à spolier les populations au profit d’un certain nombre de roitelets qui se sont érigé en maître absolu de la politique gabonaise, autant dans la majorité que dans l’opposition », a déploré l’homme politique. « Lorsque l’on arrive aux accords d’Arambo, cela signifie que les deux précédents n’ont pas atteint les objectifs escomptés », a-t-il ajouté.
La modification du mode de scrutin était la question centrale de cette rencontre. D’après Jules Esdras Mouhouloulou, « la seule chose qui semblait être intéressante au sortir des accords d’Arambo, c’était la mise en place des « enveloppes à coller », qui avait pour objectif de faire en sorte qu’il n’y ait plus le marchandage de voies », a souligné l’ancien député.
Outre les « enveloppes à coller », la Commission nationale, électorale, autonome et permanente (CENAP), chargée d’organiser les élections futures dans le pays, avait également été créée. L’arrivée de cette nouvelle commission annonçait l’avènement d’un système biométrique dans le processus électoral au Gabon. « Nous n’avions pas eu, en réalité, une biométrie qui a été véritablement implémentée avec tous les éléments essentiels qui pourraient garantir une élection transparente », a indiqué le journaliste politique.
Au vu du bilan dressé par Jules Esdras Mouhouloulou, le dialogue national prévu en avril 2024 au Gabon, devrait, selon lui, prioriser les questions sociales. « Ce qui préoccupe les gabonais, ce n’est pas tant la politique, mais le bien-être social », a-t-il déclaré. « Le dialogue de 2024, loin d’être un dialogue de trop, devrait pouvoir prendre en compte les véritables préoccupations des populations », a ajouté l’ancien parlementaire.
À quelques jours du dialogue national prévu se tenir du 02 au 30 avril prochain dans la capitale gabonaise, les attentes sont nombreuses. Afin d’encourager l’ardeur qui vibre en chaque gabonais, une rupture avec les anciennes méthodes de gouvernance semble plus que nécessaire.
Charles Ayenoue

