Le groupe minier français Eramet, présent au Gabon depuis plus de trois décennies, a réagi le lundi 2 juin 2025 à l’annonce faite par le gouvernement gabonais d’interdire, à compter du 1er janvier 2029, l’exportation de manganèse brute. Une décision stratégique du chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, destinée à amorcer une nouvelle ère industrielle fondée sur la transformation locale des matières premières.
Dans un communiqué, l’entreprise affirme avoir « pris note » de cette orientation, qui, selon les autorités, vise à renforcer la base industrielle nationale, à créer davantage de valeur sur le territoire et à favoriser l’emploi local. Tout en saluant l’ambition des autorités gabonaises, le groupe se veut rassurant et affirme sa volonté de poursuivre un dialogue constructif avec l’État.
Un partenaire de longue date, engagé dans le développement industriel
Implanté au Gabon à travers la Compagnie minière de l’Ogooué (COMILOG), dont il est le principal actionnaire, Eramet souligne qu’il s’est toujours inscrit dans une dynamique de partenariat avec le pays. « Le groupe a investi dans une exploitation minière responsable, dans la modernisation des infrastructures, ainsi que dans la mise en place d’unités de transformation à forte valeur ajoutée », rappelle le communiqué.
Loin de contester la mesure annoncée, Eramet insiste sur son attachement à une collaboration respectueuse et mutuellement bénéfique. Le groupe dit rester attentif à la mise en œuvre concrète de cette décision et affirme vouloir « identifier de nouvelles opportunités » qui permettront de continuer à contribuer au développement économique du Gabon sur le long terme.
Préserver les emplois, garantir la durabilité
Au cœur des préoccupations d’Eramet figure la stabilité sociale et industrielle. Le groupe rappelle que Comilog et Setrag, ses filiales gabonaises, soutiennent aujourd’hui plus de 10 000 emplois directs et indirects. Il se dit donc résolu à préserver ce tissu économique et social, tout en consolidant le rôle stratégique de ses entités dans l’approvisionnement mondial en manganèse, en particulier pour l’industrie sidérurgique.
Le compte à rebours est désormais lancé. Il appartient aux opérateurs de s’arrimer à cette nouvelle donne, et à l’État de garantir un cadre incitatif, clair et stable, pour faire de cette ambition une réalité durable.
