C’est une mesure radicale, mais jugée nécessaire pour préserver la santé des consommateurs. L’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA) a annoncé, à travers un communiqué daté du 27 octobre et rendu public ce mardi, l’interdiction formelle de la distribution et de la commercialisation de l’eau en sachet sur toute l’étendue du territoire national.
Selon l’AGASA, cette décision fait suite à des « missions d’inspection et de contrôle sanitaire menées sur le terrain » qui ont mis au jour « de graves non-conformités dans les unités de production et de distribution d’eau en sachet ». Les constats dressés par les équipes de contrôle sont alarmants : conditions d’hygiène déplorables, installations insalubres et non-respect des normes en vigueur.
Les analyses réalisées par l’agence sur plusieurs échantillons d’eau ont confirmé les inquiétudes. « Les résultats physico-chimiques et microbiologiques se sont révélés insatisfaisants, confirmant un risque réel pour la santé des consommateurs », précise le communiqué signé du directeur général, le Dr Jean Delors Biyoghe Bi Ntougou.
Une menace pour la santé publique
L’eau en sachet, très prisée dans certaines zones urbaines et périurbaines pour son accessibilité, se révèle donc dangereuse pour la consommation humaine. Des études antérieures avaient déjà alerté sur les risques liés à la contamination microbiologique de ces produits, souvent manipulés dans des environnements inadaptés. La décision de l’AGASA vient ainsi combler un vide de régulation et mettre un frein à une pratique devenue courante, mais potentiellement nocive.
Pour les autorités sanitaires, il s’agit avant tout d’une question de santé publique. « Cette mesure vise à protéger la santé des consommateurs et à garantir la mise à disposition d’une eau potable respectant les normes de qualité et de sécurité sanitaire exigées », rappelle l’agence.
Un encadrement progressif du secteur
L’interdiction ne signifie pas la fin définitive du secteur, mais l’ouverture d’une période de réorganisation. L’AGASA invite « tous les opérateurs économiques concernés à se présenter auprès des Délégations provinciales » pour leur enregistrement. Cette étape permettra, selon l’agence, la mise en place d’un dispositif de suivi et d’accompagnement des producteurs.
À l’issue de ce processus, deux listes officielles seront publiées : celle des opérateurs autorisés à poursuivre leurs activités après validation de leur conformité et celle des marques d’eau désormais autorisées à la commercialisation au Gabon.
Un signal fort de régulation
En agissant ainsi, l’AGASA envoie un signal fort à l’ensemble du secteur agroalimentaire : la santé publique prime sur les intérêts commerciaux. Cette décision, bien que contraignante pour les acteurs économiques, s’inscrit dans une dynamique plus large de renforcement des contrôles sanitaires et de restauration de la confiance des consommateurs.

