La santé mentale, composante essentielle du bien-être individuel et collectif, demeure un sujet souvent négligé et entouré de tabous au sein de la société gabonaise. Ce « mal endémique », longtemps passé sous silence, affecte non seulement les personnes concernées mais aussi la cohésion sociale dans son ensemble.
Les troubles mentaux sont souvent mal compris et fortement stigmatisés au Gabon. Cette perception négative est souvent renforcée par des croyances culturelles et religieuses qui peuvent interpréter la maladie mentale comme une faiblesse morale, une faute personnelle ou une punition divine. « Selon le contexte culturel par exemple, il y a les croyances religieuses et mystiques qui sont des éléments incontournables inscrits dans nos schémas de pensée… Donc il est difficile de les écarter au profit d’une autre croyance dite scientifique… (mais pas impossible) », explique Mihindou Mouckagni Premier, psychologue clinicien et président de l’association Vision Psy.
Pourtant, la santé mentale est aussi fondamentale que la santé physique. Les troubles psychiques peuvent avoir un impact dévastateur sur la vie d’une personne, affectant sa capacité à travailler, à entretenir des relations saines et à jouir de l’existence. Le manque de soutien et l’absence de traitement adapté, souvent conséquences directes de la stigmatisation, aggravent la souffrance. « Au Gabon, les maladies mentales sont stigmatisées du simple fait de la méconnaissance. C’est-à-dire que bon nombre de personnes ignorent réellement ce qu’est un trouble mental », renchérit le psychologue.
Face à ce constat, il est essentiel de sensibiliser davantage la population gabonaise à l’importance de la santé mentale afin de briser les tabous qui l’entourent. Parallèlement, le développement de services de santé mentale accessibles et de qualité est crucial pour répondre aux besoins des personnes en détresse. Cela inclut des consultations spécialisées (psychiatres, psychologues), la mise en place de groupes de soutien et l’offre de thérapies adaptées.
La santé mentale ne devrait être ni un sujet honteux ni une condition cachée. Comme le précise Mihindou Mouckagni, sur le plan clinique, « on parle de malade mental lorsque ce dernier est déconnecté de la réalité ». Encourager un dialogue ouvert sur ces questions et offrir un soutien adéquat sont des étapes indispensables pour bâtir une société plus inclusive et bienveillante envers ceux qui luttent contre des troubles mentaux.
Ce phénomène représente un défi majeur de santé publique au Gabon. Il est temps de lever les tabous et de garantir un soutien et des soins appropriés aux personnes en souffrance pour améliorer le bien-être de tous.

