Lors du remaniement du gouvernement du 15 janvier, l’équipe est passée de 31 à 35 membres, marquant plusieurs entrées et sorties. Parmi les nouveautés, on note le retour d’un ministère spécifiquement en charge des questions relatives aux femmes.
Au sein du gouvernement dirigé par Raymond Ndong Sima, les femmes, bien que représentant un peu moins du quart de l’équipe (11 sur 35), se voient dotées d’un département ministériel dédié, dirigé par Élodie Diane Fouefoue épouse Sandjoh. Ce rétablissement témoigne de la volonté des autorités de la transition de prendre en compte cette frange de la population dans leur stratégie d’inclusion.
Il convient de souligner que la question des droits des femmes a toujours été une préoccupation au Gabon, notamment grâce à l’engagement de figures emblématiques telles qu’Agathe Okoumba d’Okwatsegue et Rose Francine Rogombé. L’objectif aujourd’hui est de réexaminer les problématiques spécifiques aux femmes, en particulier leur autonomisation.
Plusieurs mesures ont été prises en leur faveur ces dernières années. Le Gabon a notamment consacré la décennie 2015-2025 à la femme. Parallèlement, des révisions des codes civil et pénal ont été entreprises afin de renforcer la protection des droits des femmes.
La loi n° 006/2021, visant à protéger les femmes contre toutes les formes de violence, constitue l’un des textes majeurs adoptés par le Gabon. La modernisation de son arsenal juridique a permis au pays de se positionner parmi les nations où les droits des femmes sont respectés.
L’enjeu est de les placer au cœur des instances décisionnelles. Outre les femmes membres du gouvernement, plusieurs siègent dans les deux chambres du Parlement, et le Sénat est d’ailleurs présidé par une femme. Une belle avancée, même si des progrès restent à accomplir.
La loi sur les quotas, adoptée en 2016, doit être pleinement prise en compte et appliquée, notamment pour les prochaines échéances politiques. Cette loi prévoit un quota de 30 % de candidatures féminines et vise également à ce que les femmes occupent 30 % des emplois supérieurs de l’État.
En tout état de cause, le retour du ministère de la Femme confère à cette dernière une place centrale et devrait constituer un laboratoire où les problématiques qui les concernent seront traitées avec une plus grande attention.

