Le samedi 12 avril 2025, les gabonais se sont rendus aux urnes pour élire leur nouveau président de la République. Le Réseau des observateurs citoyens (ROC), engagé dans le suivi du scrutin, a livré ses premières observations.
Ce scrutin constitue une étape majeure dans la transition politique entamée en septembre 2023 avec l’arrivée du CTRI. Huit candidats sont en lice pour diriger le pays pendant sept ans, conformément à la nouvelle Constitution adoptée par référendum en novembre 2024. Le vote concerne plus de 920.000 électeurs répartis dans 3.037 bureaux au Gabon et à l’étranger. Il est organisé en deux tours, selon les dispositions du Code électoral.
Le ROC, dans le cadre du projet APPRETE, a déployé 500 observateurs sur l’ensemble du territoire pour couvrir plus de 2.000 bureaux de vote. Une salle de veille a été installée à l’hôtel Radisson Blu de Libreville pour centraliser les informations recueillies. Entre 7h et 9h, 74 % des bureaux observés avaient ouvert à l’heure, et 89 % des membres étaient présents. Les bureaux étaient globalement bien équipés, avec notamment 99 % disposant de matériel électoral.
Cependant, plusieurs incidents ont été signalés. Des observateurs du ROC se sont vu refuser l’accès à certains bureaux de vote, notamment à Mitzic, Angondjé, Mbimbi, Mounana, Akiéni et Lambaréné. Des démarches ont été entreprises auprès de la CNOCER et de l’ACER pour résoudre ces situations, avec des résultats partiels.
Enfin, le ROC appelle l’ensemble des acteurs impliqués dans le processus électoral à faire preuve de responsabilité, d’éthique et d’impartialité. Il a encouragé les citoyens à accomplir leur devoir civique dans la paix et promet de continuer à assurer un suivi rigoureux, neutre et transparent du déroulement du scrutin.
Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives, mais ces premières heures donnent déjà un aperçu contrasté de l’organisation. D’un côté, on observe un réel effort de déploiement logistique ; de l’autre, des couacs persistants en matière d’accès à l’information.
Pour une élection censée incarner le renouveau démocratique du Gabon, chaque détail comptait. La suite de la journée nous a permis de constater que le pays s’est engagé pleinement sur la voie de la transparence.

