Longtemps reléguées à la marge, les personnes vulnérables semblent désormais mieux prises en compte dans l’agenda politique gabonais. Sous l’impulsion du président, Brice Clotaire Oligui Nguema, plusieurs mesures ont été engagées pour répondre aux besoins de ceux que la République avait trop souvent laissés de côté : personnes vivant avec un handicap, veuves, orphelins ou encore personnes âgées. Une dynamique saluée par les bénéficiaires, même si le chantier reste immense.
Premier exemple tangible : les caravanes du Samu social gabonais. Déployées depuis plusieurs mois sur l’ensemble du territoire, ces unités mobiles ont déjà mené 18 missions à travers les provinces. L’objectif est clair : aller au contact des populations les plus éloignées, offrir des consultations gratuites, des soins adaptés, des dépistages, mais aussi une écoute bienveillante. Une bouffée d’air pour de nombreux gabonais, souvent exclus du circuit classique de santé.
En parallèle, le ministère de la Santé a réceptionné un important lot de matériel médical composé de 4000 références d’équipements de pointe destiné à moderniser les plateaux techniques des centres et hôpitaux publics. Ce rééquipement doit aussi renforcer la mobilité médicale, avec des unités capables d’intervenir dans les zones dites « désertiques », jusque-là privées d’accès aux soins de santé.
Autre signal fort : la dotation, en février dernier, de 315 fauteuils roulants à des personnes vivant avec un handicap. Une mesure concrète, qui redonne non seulement de la mobilité, mais aussi de la dignité à des citoyens. Dans certaines administrations et écoles, des rampes d’accès ont aussi été installées. Un pas symbolique vers un espace public plus inclusif.
Les personnes âgées ne sont pas oubliées. En partenariat avec des associations locales, des campagnes de dépistage gratuit et de sensibilisation à la santé du troisième âge ont été lancées. À terme, le gouvernement veut mettre en place un accompagnement global, avec des soins spécialisés et des structures adaptées.
Pour les veuves et les orphelins, les actions commencent également à porter leurs fruits. Lors des rentrées scolaires ou en périodes sensibles, des les frais d’écolage sont pris en charge afin d’alléger les parents d’élèves. L’idée est d’aller au-delà de l’assistance ponctuelle pour bâtir une véritable stratégie de résilience familiale.
À cela s’ajoute le programme « 1 gabonais, 1 parcelle », lancé à Igoumié. L’objectif est de permettre à chaque citoyen, notamment les plus démunis, d’accéder à un terrain, afin de favoriser l’autonomie et l’insertion économique. Dans le même esprit, 816 taxis Gab ont été mis à disposition pour faciliter les déplacements, mais aussi donner à des gabonais un emploi dans un secteur longtemps considéré comme la chasse gardée d’une frange de la population.
Sur le front éducatif, des bourses scolaires ont été octroyées à des élèves et étudiants issus de familles en difficulté mais aussi des postes budgétaires. Un soutien précieux dans un pays où l’accès à l’éducation reste un facteur clé de sortie de la précarité. Même la Banque pour le commerce et l’entrepreneuriat du Gabon (BCEG), s’est engagée dans cet effort national en soutenant les entrepreneurs locaux.
Le 20 avril dernier à Lambaréné, une rencontre entre l’État, l’ONG SOS Handicap et l’Association des filles-mères est venue confirmer cette dynamique inclusive. L’occasion de poser sur la table les défis spécifiques de ces groupes, mais surtout de proposer des solutions : autonomisation, formation, accès aux soins, insertion dans les politiques publiques. Autant de pistes sur lesquelles l’exécutif affirme vouloir avancer main dans la main avec la société civile.
Le défi reste immense, mais le ton est donné. Pour espérer construire une société plus juste, le Gabon devra transformer l’élan actuel en véritable politique nationale d’insertion sociale. Avec, en ligne de mire, une meilleure coordination entre ministères, collectivités, associations et partenaires.
Une République digne de ce nom ne se mesure pas à la puissance de ses élites, mais à sa capacité à offrir à chaque citoyen, quel que soit son âge, sa condition ou son état de santé, la possibilité de vivre avec dignité.

